L'heure de la rupture du jeûne — l'iftar — est l'un des moments les plus bénis de toute la journée du croyant. C'est un instant de grâce, de gratitude et d'exaucement que le Prophète Mohamed ﷺ a lui-même décrit comme unique. Savoir quoi dire et comment se comporter à cet instant précieux est une connaissance précieuse que tout musulman mérite d'acquérir.
La rupture du jeûne est bien plus qu'un simple repas. C'est un moment de transition spirituelle — la fin d'une longue journée de patience, d'abstinence et de proximité avec Allah — qui coïncide avec l'une des heures les plus bénies de la journée pour l'invocation.
Le Prophète Mohamed ﷺ a dit dans un hadith rapporté par Ibn Madja :"Certes, l'invocation que le jeûneur prononce à la rupture de son jeûne ne sera pas rejetée." (Ibn Madja, 1753, jugé bon). Dans un autre hadith rapporté par Abou Hourayra, il précise :"Les invocations formulées par trois personnes ne sont jamais rejetées : l'imam juste, le jeûneur jusqu'à la rupture de son jeûne, et la victime d'une injustice."

Ces paroles prophétiques placent le jeûneur qui rompt son jeûne dans une catégorie spirituelle particulièrement chère à Allah. Après une journée entière d'obéissance, d'abstinence et de patience, le croyant se trouve dans un état de vulnérabilité sincère et de besoin authentique qui rend son invocation particulièrement précieuse. Comme le préciseIslamQA dans son article sur la prière à réciter à la rupture du jeûne, "l'heure de la rupture du jeûne est un moment d'exaucement des invocations puisque situé à la fin d'un acte cultuel et parce que l'homme se trouve le plus souvent dans un état de recueillement."
Avant d'aborder les formules à réciter, il est important de souligner que la Sounna recommande dese hâter de rompre le jeûne dès l'entrée du Maghrib — c'est-à-dire dès le coucher du soleil. Le Prophète Mohamed ﷺ a dit :"Les gens demeureront dans le bien-être aussi longtemps qu'ils s'empresseront de rompre leur jeûne." (Al-Boukhari, 1957 et Mouslim, 1098). Retarder l'iftar sans raison valable est donc contre la Sounna prophétique, même si certains le font par piété mal comprise.
La question de ce que l'on dit précisément à la rupture du jeûne est plus nuancée qu'on ne le croit généralement. Les savants islamiques ont analysé les hadiths sur ce sujet avec soin, et leurs conclusions méritent d'être présentées honnêtement.
Le statut des formules rapportées : une analyse honnête
Il est important d'être rigoureux sur le statut des hadiths relatifs aux formules de l'iftar. Comme l'expliqueIslamQA dans son analyse détaillée des invocations à la rupture du jeûne, la formule la plus connue —"Allahoumma laka soumtou wa 'alâ rizqika aftartou" — est rapportée par Abou Dawoud (2358) mais est considérée comme un hadith faible par le cheikh Al-Albani, car sa chaîne de transmission est unmoursal (s'arrêtant à la génération destabi'in sans remonter jusqu'au Prophète ﷺ).
Cela ne signifie pas qu'on ne peut pas la dire — de nombreux savants permettent l'usage des hadiths faibles pour les fadha'il al-a'mal (vertus des actes). Mais il est important de le savoir pour ne pas lui attribuer une authenticité absolue.

En revanche, un autre hadith sur la rupture du jeûne est généralement considéré comme plus solide dans ses différentes versions. Il s'agitdelaformule rapportéepar AbouDawoud et IbnMadja, queleProphète Mohamedﷺdisait aumoment del'iftar.
Laformule la plussolidementattestée dans la Sounna pourla rupture du jeûneest cellerapportée par Ibn Omar(qu'Allah l'agrée) :
Dhahaba-z-zamâ'ou wab-tallatil 'ourouqou wa thabata-l-adjrou in châ Allâh
ذَهَبَ الظَّمَأُوَابْتَلَّتِ الْعُرُوقُ وَثَبَتَالأَجْرُ إِنْ شَاءَاللَّهُ
"La soif a disparu, les veines se sont désaltérées, et la récompense est acquise, si Allah le veut."
(Rapporté par AbouDawoud, 2357 — jugébon par Al-Albani).Cette formule estprononcéeau moment de rompre le jeûne —c'est-à-dire en mangeantla premièredatte ou enbuvant lapremière gorgéed'eau. Elleexprime une tripleréalité : la satisfaction physique dela soif après la longue journée, lajoie spirituelle de la récompensedivine, et l'humilité devant la volontéd'Allah.
Encomplément de la formule précédente, latradition rapporte que le ProphèteMohamed ﷺ, en mangeant après le coucherdu soleil lors de sa rupture du jeûne,récitait également la Basmala :
Bismillah
بِسْمِ اللَّهِ
"Au nom d'Allah"
La Basmala avant demanger est une sounna généraleconfirmée pour tous les repas — elles'applique naturellement à l'iftar. Sil'on oublie de dire Bismillah au débutdu repas, on dit en cours derepas :
Bismillahi awwalahou wa akhiraho
"Au nom d'Allah au début et à la fin."

Bienque faible selon certains savants danssa chaîne de transmission, la formule"Allahoumma laka soumtou" estlargement répandue dans le mondeislamique et de nombreux savantspermettent de la réciter. Elle peutêtre dite juste avant de rompre lejeûne :
Allahoumma laka soumtou wa 'alâ rizqika aftartou
اللَّهُمَّ لَكَ صُمْتُوَعَلَى رِزْقِكَ أَفْطَرْتُ
"Ô Allah, c'est pour Toi que j'ai jeûné et c'est grâce à Ta subsistance que je romps mon jeûne."
Certaines versionsajoutent :
Fataqabbal minnî innaka anta-s-samî'ou-l-'alîm
"Accepte donc de moi, car Tu es Celui qui entend tout et qui sait tout."
Cette formule, même si son statut hadithest discuté, est une belleexpression de la dimensionspirituelle de l'iftar — unereconnaissance qu'on a jeûné pourAllah et que c'est Sa subsistance quipermet de rompre le jeûne.
La tradition islamiqueinsiste sur le fait que les moments quiprécèdent immédiatement la rupture dujeûne sont particulièrementpropices à l'invocation personnelle.C'est le sens du hadithsur l'invocation du jeûneur qui n'estpas rejetée.
Les savants islamiques recommandent deconsacrer les dernières minutesavant le coucher du soleil — avant mêmede rompre physiquement le jeûne — à desinvocations sincères et personnelles.C'est le moment d'implorerAllah pour ses besoins, pour safamille, pour laoumma, pour sesproches malades, pour ses objectifsdans cette vie et dansl'autre.
Il n'existe pas deformule obligatoire imposée pour cesmoments — c'est précisément laliberté qui en fait la richesse. Lecroyant peut s'exprimer dans sa proprelangue, avec ses propres mots,dans la sincérité de son cœur. Lehadith ne ditpas "le jeûneur qui prononce telleformule" — il dit simplement "lejeûneur" : l'invocation du jeûneurn'est pas rejetée, quelle que soit saforme.
Bien que la forme de ladou'a soit libre, les textesislamiques fournissent des thèmesprioritaires pour les invocations lorsde l'iftar :
Le pardon des péchésest le premier thème à aborder.Après une journée de jeûne etd'adoration, demander à Allah depardonner les fautes commises au coursde cette journée —une pensée déplacée, une paroleregrettée, une prière inattentive — estla dispositionspirituelle la plus naturelle et laplus appropriée.

La gratitude vientensuite. Remercier Allah pour lebienfait du Ramadan, pour la santé quipermet de jeûner, pour lasubsistance qui permet de rompre lejeûne, pour la foi quidonne un sens à tout cela — cettegratitude est le cœur de laspiritualité islamique.
L'intercessionpour les proches complète cettedou'a : demander à Allah laguérison des malades, laguidance des égarés, laprotection des voyageurs, le bonheurdes familles.
La Sounna prophétiqueprécise non seulement ce que l'ondit au moment de l'iftar, maisaussi ce que l'on mange en premier.
LeProphète Mohamed ﷺ rompait son jeûneavec des dattes fraîches (routab)avant la prière du Maghrib. En leurabsence, il prenait des dattes sèches.En leur absence également,il buvait quelques gorgées d'eau. Cettesounna est rapportée par Anas ibn Malik(qu'Allah l'agrée) dans les recueilsd'Abou Dawoud etAt-Tirmidhi.

La sagesse de cettesounna est corroborée par la nutritioncontemporaine : les dattes contiennentdes sucres naturels à assimilationrapide qui restaurent rapidement letaux de glycémie après une longuejournée de jeûne, sans surcharger lesystème digestif d'unestomac vide.
Boire quelquesgorgées d'eau avant de manger estune pratique prophétique qui aplusieurs vertus. Elle réhydraterapidement après une longue journée deprivation de boisson, elle prépare lesystème digestif à recevoir desaliments solides, et elle permet deprononcer les formules de l'iftar dansun état d'hydratationminimale.
La Sounna recommande de nepas manger excessivement lors del'iftar — une pratique malheureusementcontraire à de nombreuses habitudesculturelles du Ramadan. LeProphète Mohamed ﷺ rompait son jeûneavec quelques dattes et quelquesgorgées d'eau, accomplissait la prièredu Maghrib, puis prenaitson repas. Cette séquence donne lapriorité à la prière sur le repas.
L'invocation ne s'arrêtepas au moment de la première bouchée.Elle se prolonge après lerepas, dans les formules deremerciement que la Sounna recommandeaprès chaque repas.
Après tout repas, le Prophète Mohamedﷺ disait :
Al-hamdoulillâhi-l-ladhî at'amanî hâdhâ wa razaqanîhi min ghayri hawlin minnî wa lâ qouwwa
"Louange à Allah qui m'a nourri de ceci et me l'a accordé sans force ni puissance de ma part."
(Rapporté parAt-Tirmidhi, 3458). Cette formule estparticulièrement appropriée aprèsl'iftar, car elle exprime lareconnaissance d'avoir été nourri aprèsune longue journéede jeûne — une gratitude renforcéepar le contexte du Ramadan.
Lorsqu'on rompt le jeûne chezquelqu'un, la Sounna recommande defaire une dou'a pour sonhôte. Le Prophète Mohamed ﷺ a diten rompant le jeûne chez Sa'd ibn'Oubada :
Aftara 'indakoum-s-sâimoun, wa akala ta'âmakoumoum-l-abrâr, wa sallat 'alaïkoum-l-malâ'ika
"Puisse des jeûneurs rompre leur jeûne chez vous ! Puisse des pieux consommer votre repas ! Puisse les anges prier pour vous !"
(Rapporté par Abou Dawoud, 3854).Cette formule belle et généreusetémoigne de l'esprit degratitude et de communauté quicaractérise l'iftar islamique —un moment de partage où l'on penseaussi à bénir ceux qui ontpermis ce repas.
L'iftar du Ramadan a unedimension spirituelle supplémentairepar rapport à la rupture d'unjeûne ordinaire. Il s'inscritdans le mois le plus béni de l'annéeet dans une dynamique dedévotion accrue.
L'une despratiques les plus belle du Ramadan estl'iftar collectif à la mosquée— souvent organisé sous formedema'ida (grande tablecommunautaire) où chacun apportequelque chose àpartager. Cette pratique incarnel'esprit du Ramadan : un mois desolidarité, de générosité et decohésion communautaire.
Le Prophète Mohamed ﷺ a dit :"Celui qui fait rompre le jeûne d'un jeûneur aura la même récompense que lui sans que sa récompense à lui ne diminue en quoi que ce soit." (At-Tirmidhi, 807 — jugéauthentique).
La séquence idéale de l'iftar,selon la Sounna, est la suivante: rompre le jeûne avec quelquesdattes et de l'eau enprononçant les formules appropriées,accomplir la prière du Maghrib sanstarder, puis prendre le repasprincipal. Cette séquence donne lapriorité à l'acte d'adoration sur leplaisir du repas — unehiérarchie qui dit quelque chosed'essentiel sur l'esprit du Ramadan.

Malheureusement, dans denombreuses familles, la pratiques'est inversée : on manged'abord un repas copieux, puis onprie le Maghrib avec retard.Cette inversion est contraire à laSounna prophétique et prive lecroyant de la récompenseparticulière de la prièredu Maghrib accomplie à son heure.
La formule la plus authentiquement attestée est : "Dhahaba-z-zamâ'ou wab-tallatil 'ourouqou wa thabata-l-adjrou in châ Allâh" — "La soif a disparu, les veines se sont désaltérées, et la récompense est acquise, si Allah le veut." (Abou Dawoud, 2357). On dit également Bismillah avant la première bouchée ou gorgée.
Ce hadith est considéré comme faible par Al-Albani dans son analyse de Sunan Abou Dawoud. Cependant, de nombreux savants permettent de le réciter, car les hadiths faibles dans le domaine des vertus des actes sont souvent acceptés. Il n'y a pas d'inconvénient à le dire tout en sachant son statut.
Oui, et c'est même très fortement encouragé. L'heure de l'iftar est l'une des heures où l'invocation est la plus susceptible d'être exaucée selon les hadiths prophétiques. On peut invoquer Allah en arabe ou dans sa propre langue, pour ses besoins personnels, ceux de sa famille et ceux de la communauté musulmane.
Non, il suffit d'être certain que le soleil est couché. La Sounna invite à rompre le jeûne dès l'entrée du coucher du soleil, sans attendre. Dans les contextes où l'on n'entend pas l'adhan, vérifier l'heure du coucher du soleil via une application islamique ou un calendrier astronomique est suffisant.
Des dattes fraîches (routab) de préférence. En leur absence, des dattes sèches (tamr). En leur absence également, quelques gorgées d'eau. C'est la pratique établie du Prophète Mohamed ﷺ rapportée par Anas ibn Malik dans les recueils d'Abou Dawoud et At-Tirmidhi.
La Sounna recommande de rompre le jeûne avec quelques dattes et de l'eau, d'accomplir la prière du Maghrib, puis de prendre le repas. Cette séquence donne la priorité à la prière sur le repas. Manger un repas complet avant la prière du Maghrib retarde indûment la prière et est contraire à la pratique prophétique.
Oui, et c'est vivement encouragé. L'heure de l'iftar est un moment d'exaucement — on peut y intercéder pour ses parents, ses enfants, ses proches malades, la communauté musulmane dans le monde entier. L'invocation désintéressée pour autrui est particulièrement chère à Allah.
L'iftar n'est pas simplement la fin d'une longue journée de privation — c'est un moment de connexion directe avec Allah, de gratitude sincère et d'espérance dans l'exaucement. Les formules prophétiques qui l'accompagnent — Dhahaba-z-zamâ'ou, Bismillah, les invocations personnelles — transforment cet instant quotidien en un acte d'adoration à part entière. Comprendre leur sens et les prononcer avec présence du cœur, c'est vivre le Ramadan dans toute sa profondeur spirituelle.

Par carte bancaire, PayPal ou Apple Pay
Livraison offerte pour la France
Assistance par emails 5j/7
Réponse sous 48h
14 jours à réception de votre
colis pour changer d'avis