Le calendrier est bien plus qu'un simple outil de mesure du temps. Pour les millions de musulmans à travers le monde, le calendrier hégirien — du nom de l'Hégire, l'émigration du Prophète Mohamed ﷺ de La Mecque vers Médine — est un repère spirituel, historique et civilisationnel d'une profondeur remarquable. Il structure les grandes fêtes islamiques, les mois sacrés, le jeûne du Ramadan et les obligations rituelles qui rythment la vie du croyant tout au long de l'année.
Comprendre le calendrier musulman, c'est comprendre une façon de vivre le temps différemment — non pas comme une ligne droite tendue vers la productivité, mais comme un cycle sacré qui revient chaque année offrir au croyant de nouvelles opportunités de rapprochement d'Allah. Dans cet article, nous allons explorer en profondeur l'origine, la structure, les mois et les spécificités du calendrier hégirien, en le comparant au calendrier grégorien et en soulignant ce qui le rend unique dans l'histoire des civilisations.
Le calendrier musulman ne naît pas dans le vide. Il est le fruit d'une décision politique et spirituelle majeure prise au cœur du premier siècle de l'Islam, qui allait marquer de façon indélébile la conscience historique des musulmans pour les siècles à venir.
Lors du califat de Omar ibn Al-Khattab (qu'Allah l'agrée), deuxième calife de l'Islam, les musulmans se trouvaient confrontés à un problème concret : il n'existait pas de système de datation unifié permettant d'organiser la vie administrative, politique et religieuse de la communauté islamique en pleine expansion. Des correspondances, des traités et des actes officiels arrivaient sans référence temporelle claire, ce qui créait une confusion croissante.

Ce fut le calife Omar lui-même qui prit l'initiative, après consultation des compagnons du Prophète ﷺ, d'instaurer un calendrier officiel pour l'ensemble de la oumma islamique. La question qui se posa alors fut : à partir de quel événement faire commencer le décompte des années ?
Plusieurs propositions furent avancées par les compagnons — la naissance du Prophète Mohamed ﷺ, le début de la révélation coranique, le décès du Prophète. Mais c'est finalement l'Hégire — l'émigration du Prophète Mohamed ﷺ et de ses compagnons de La Mecque vers Médine en 622 de l'ère chrétienne — qui fut choisie comme événement fondateur.

Ce choix n'était pas arbitraire. L'Hégire marquait le véritable début de la communauté islamique organisée, l'établissement du premier État musulman à Médine, et un tournant décisif dans l'histoire de l'Islam. C'est l'année à partir de laquelle les musulmans avaient commencé à vivre en société souveraine, à établir des lois, à pratiquer leur foi librement et à bâtir une civilisation. Elle était donc le point zéro le plus symboliquement juste pour une nouvelle ère.
Le calendrier hégirien fut officiellement institué en l'an 17 de l'Hégire — soit en 638 de l'ère chrétienne — par décret du calife Omar ibn Al-Khattab. Il fut décidé que le premier mois de ce nouveau calendrier serait Mouharram, et que l'an 1 de l'Hégire correspondrait à l'année de l'émigration du Prophète ﷺ vers Médine, soit 622 de l'ère chrétienne.
Le calendrier hégirien repose sur des principes astronomiques et religieux bien définis qui le distinguent fondamentalement du calendrier grégorien utilisé dans la plupart des pays du monde.
La différence la plus fondamentale entre le calendrier hégirien et le calendrier grégorien est que le premier est un calendrier lunaire pur, tandis que le second est un calendrier solaire. Concrètement, cela signifie que le calendrier hégirien se base exclusivement sur le cycle de la Lune autour de la Terre, et non sur le cycle de la Terre autour du Soleil.
Un cycle lunaire complet — d'une nouvelle lune à la suivante — dure environ 29 jours, 12 heures et 44 minutes. Chaque mois du calendrier hégirien débute donc avec l'apparition du croissant lunaire (hilal), visible à l'œil nu peu après le coucher du soleil. Selon que ce croissant est observable ou non, le mois précédent aura duré 29 ou 30 jours.
Puisque l'année hégirien est composée de douze mois lunaires, elle compte 354 ou 355 jours — soit environ 11 jours de moins qu'une année grégorienne de 365 jours. Cette différence peut paraître minime, mais elle s'accumule de façon significative sur le long terme.
Concrètement, cela signifie que les fêtes islamiques, les mois sacrés et le Ramadan ne sont pas fixes dans les saisons comme le sont Noël ou Pâques dans le calendrier chrétien. Chaque année, les événements du calendrier hégirien avancent d'environ 11 jours par rapport au calendrier grégorien. En l'espace d'environ 33 ans, le Ramadan aura ainsi fait le tour complet de toutes les saisons — parfois en été avec ses longues journées chaudes, parfois en hiver avec des journées plus courtes et plus douces.
Un aspect qui distingue le calendrier islamique de tous les autres systèmes de datation est la question de l'observation du croissant lunaire. Le début de chaque nouveau mois islamique n'est pas simplement calculé de façon mathématique — il est en principe conditionné à l'observation effective du croissant de lune par des témoins dignes de confiance.

Cette exigence d'observation repose sur un hadith du Prophète Mohamed ﷺ qui a dit : "Jeûnez quand vous verrez le croissant et rompez le jeûne quand vous le verrez." (Al-Boukhari et Mouslim). C'est pourquoi, encore aujourd'hui, la date exacte du début du Ramadan ou de l'Aïd peut varier d'un pays à l'autre selon que le croissant a été observé ou non la veille au soir. Certains pays s'appuient sur le calcul astronomique, d'autres sur l'observation directe, ce qui explique les décalages d'un ou deux jours qui existent parfois entre les pays musulmans.
Le calendrier hégirien compte douze mois, chacun doté d'un nom en arabe et d'une histoire et d'une signification propres. Certains de ces mois sont ordinaires, d'autres sont sacrés et font l'objet d'une vénération particulière dans la tradition islamique.
Mouharram est le premier mois de l'année hégirien et l'un des quatre mois sacrés de l'Islam. Son nom signifie littéralement "interdit" ou "sacré" en arabe, faisant référence à l'interdiction traditionnelle de la guerre et du conflit armé durant ce mois. Il contient une journée particulièrement importante : le 10 Mouharram, appelé Achoura, qui a une signification différente pour les musulmans sunnites et chiites.
Pour les sunnites, le jour d'Achoura est la journée durant laquelle Allah sauva le Prophète Moussa (Moïse) et les Enfants d'Israël en divisant la mer Rouge devant eux. Le Prophète Mohamed ﷺ recommandait le jeûne de ce jour, ainsi que celui du 9 ou du 11 Mouharram pour se distinguer de la pratique juive.
Safar est le deuxième mois de l'année. Son nom viendrait du mot arabe signifiant "sifflement du vent" ou, selon d'autres étymologies, "voyage" — car les Arabes préislamiques partaient souvent en expédition durant ce mois après avoir vidé leurs maisons de leurs provisions. Safar n'est pas un mois sacré, mais certaines croyances populaires non fondées lui attribuent à tort un caractère néfaste, ce que les savants islamiques rejettent unanimement.
Le troisième mois est l'un des plus importants du calendrier islamique, car il est le mois dans lequel le Prophète Mohamed ﷺ est né — selon l'opinion la plus répandue, le 12 Rabi' Al-Awwal. C'est également le mois de sa disparition. Ce mois est célébré avec une grande ferveur dans de nombreux pays musulmans, notamment au Maroc, en Turquie et dans tout le sous-continent indien, à travers la commémoration du Mawlid An-Nabawi.

Le quatrième mois est le pendant du précédent. Il n'est pas associé à des événements particulièrement saillants dans la tradition islamique, mais il fait partie intégrante du cycle annuel du calendrier hégirien.
Le cinquième mois tire son nom du mot arabe djamada qui signifie "se figer" ou "geler", en référence à la saison froide durant laquelle les sources d'eau commençaient à geler dans la péninsule arabique à l'époque de la création du calendrier.
Le sixième mois est le complément du précédent. Ensemble, ces deux mois occupent une position médiane dans l'année hégirien sans y être associés à des obligations rituelles particulières.

Radjab est le septième mois et l'un des quatre mois sacrés de l'Islam, aux côtés de Mouharram, Dhou Al-Qi'da et Dhou Al-Hidjdja. Les combats y étaient traditionnellement interdits dans la péninsule arabique, même avant l'Islam. Ce mois est également connu pour contenir le 27 Radjab, date à laquelle de nombreux musulmans commémorent le Isra wa Mi'radj — le voyage nocturne et l'ascension céleste du Prophète Mohamed ﷺ, bien que la date exacte de cet événement fasse l'objet de divergences parmi les savants.
Le huitième mois occupe une position particulière car il précède immédiatement le Ramadan. Le Prophète Mohamed ﷺ accordait une importance particulière à ce mois et y multipliait les jeûnes volontaires. Il expliqua ce comportement en disant : "C'est un mois négligé par les gens, entre Radjab et Ramadan. C'est un mois durant lequel les actes sont présentés au Seigneur des mondes, et j'aime que mes actes soient présentés alors que je jeûne." (Abou Dawoud, An-Nassai)
La nuit du 15 Cha'ban (Laylat An-Nisf min Cha'ban) est considérée comme une nuit bénie par de nombreux musulmans, bien que son statut fasse l'objet de divergences parmi les savants islamiques.
Ramadan est sans conteste le mois le plus célèbre du calendrier islamique, connu bien au-delà des frontières du monde musulman. C'est le neuvième mois de l'année hégirien, et il est sanctifié par le Coran lui-même en ces termes (sourate Al-Baqara, verset 185) : "Le mois de Ramadan est celui durant lequel le Coran a été révélé comme guide pour les hommes."

Durant tout ce mois, les musulmans pratiquants observent un jeûne complet du lever au coucher du soleil — s'abstenant de manger, de boire, de fumer et d'avoir des relations conjugales durant les heures diurnes. Le Ramadan se termine par la nuit la plus importante de l'année : la Nuit du Destin (Laylat Al-Qadr), qui se situe dans les dix dernières nuits du mois — probablement une nuit impaire, selon le Prophète Mohamed ﷺ.
Le dixième mois s'ouvre avec l'une des deux grandes fêtes islamiques : l'Aïd Al-Fitr, la fête de la rupture du jeûne. Cette fête, célébrée le 1er Chawwal, marque la fin du Ramadan et le début d'une période de joie, de partage et de retrouvailles familiales. Le Prophète Mohamed ﷺ recommandait également de jeûner six jours de Chawwal après l'Aïd, promettant à celui qui le fait une récompense équivalente à un jeûne de toute l'année.
Le onzième mois est le troisième des quatre mois sacrés. Son nom signifie "le mois où l'on s'assoit" — en référence à la trêve observée durant ce mois, qui permettait aux caravanes et aux pèlerins de se déplacer en sécurité vers La Mecque. Il constitue la période de préparation au grand pèlerinage.
Le douzième et dernier mois de l'année hégirien est le plus sacré de tous. Son nom signifie littéralement "le mois du pèlerinage" (Hadjdj). C'est durant ce mois que les musulmans du monde entier qui en ont la capacité accomplissent le cinquième pilier de l'Islam — le pèlerinage à La Mecque. Les dix premiers jours de ce mois sont considérés comme les meilleurs jours de l'année pour les actes d'adoration.

Le 9 Dhou Al-Hidjdja est le jour d'Arafa — le point culminant du pèlerinage, durant lequel les pèlerins se rassemblent sur la plaine d'Arafa pour invoquer Allah. Et le 10 Dhou Al-Hidjdja est le jour de l'Aïd Al-Adha — la fête du sacrifice, commémorant le sacrifice du Prophète Ibrahim (Abraham) et la miséricorde d'Allah qui lui substitua un bélier.
Le Coran mentionne explicitement l'existence de quatre mois sacrés (sourate At-Tawba, verset 36) : "Le nombre de mois, auprès d'Allah, est de douze mois dans le livre d'Allah, depuis le jour où Il a créé les cieux et la terre. Quatre d'entre eux sont sacrés."
Ces quatre mois sont, selon le hadith du Prophète Mohamed ﷺ rapporté par Al-Boukhari : Mouharram, Radjab, Dhou Al-Qi'da et Dhou Al-Hidjdja. Trois d'entre eux sont consécutifs — Dhou Al-Qi'da, Dhou Al-Hidjdja et Mouharram — tandis que Radjab est isolé. Durant ces mois, les actes d'adoration ont un poids supplémentaire, et les péchés y sont considérés comme plus graves. Historiquement, ils correspondaient à des périodes de trêve sacrée dans la péninsule arabique, permettant aux pèlerins et aux marchands de voyager en sécurité.
La coexistence du calendrier hégirien et du calendrier grégorien dans la vie quotidienne des musulmans contemporains pose naturellement la question de la conversion entre les deux systèmes.
La règle de base est simple : chaque année hégirien est plus courte d'environ 11 jours par rapport à l'année grégorienne. Cela signifie que l'an 1 de l'Hégire correspond à l'année 622 de l'ère chrétienne — mais ce décalage n'est pas constant puisque les deux calendriers ne progressent pas à la même vitesse.

Pour convertir approximativement une année hégirien en année grégorienne, les spécialistes utilisent la formule suivante : Année grégorienne ≈ Année hégirien × 0,97 + 622. Ainsi, l'an 1446 de l'Hégire correspond approximativement à 2024-2025 de l'ère chrétienne.
De nombreux outils en ligne permettent de convertir facilement une date du calendrier hégirien au calendrier grégorien et vice-versa. Le site islamicfinder.org propose un convertisseur de dates islamiques particulièrement fiable, permettant de connaître instantanément l'équivalent grégorien de n'importe quelle date hégirien, et inversement.
Au-delà des mois, le calendrier hégirien est ponctué d'événements spirituels majeurs qui donnent à l'année islamique sa texture particulière.
Comme évoqué précédemment, le jour d'Achoura est l'un des jours les plus bénis de l'année pour les musulmans sunnites. Le Prophète Mohamed ﷺ jeûnait ce jour et encourageait ses compagnons à en faire autant, en recommandant d'y adjoindre le jeûne du 9 ou du 11 Mouharram pour le distinguer de la pratique juive du Yom Kippour.
La commémoration de la naissance du Prophète Mohamed ﷺ est célébrée le 12 Rabi' Al-Awwal dans de nombreux pays musulmans. Cette célébration fait l'objet de divergences parmi les savants islamiques — certains la considèrent comme une innovation (bid'a) non fondée dans la Sounna, d'autres l'acceptent comme une expression de l'amour pour le Prophète ﷺ, à condition qu'elle reste dans les limites de ce que la religion autorise.
La Nuit du Destin est décrite dans le Coran comme "meilleure que mille mois" (sourate Al-Qadr, verset 3). Elle se situe dans l'une des nuits impaires des dix derniers jours du Ramadan — vraisemblablement le 21, 23, 25, 27 ou 29 Ramadan.

C'est la nuit durant laquelle le Coran fut révélé et durant laquelle les anges descendent avec la permission d'Allah. Les musulmans qui la vivent en adoration reçoivent une récompense équivalente à plus de 83 ans d'adoration.
La première des deux grandes fêtes islamiques, l'Aïd Al-Fitr marque la fin du jeûne du Ramadan. Elle commence par une prière collective en plein air ou dans une grande mosquée, suivie de retrouvailles familiales, de repas festifs et de l'échange de cadeaux. Il est également obligatoire, avant cette fête, de s'acquitter de la Zakat Al-Fitr — une aumône purificatrice au bénéfice des plus démunis.
La seconde grande fête islamique, l'Aïd Al-Adha — ou fête du sacrifice — commémore la soumission du Prophète Ibrahim à Allah, qui lui ordonna de sacrifier son fils Ismaël. Alors qu'Ibrahim s'apprêtait à obéir, Allah substitua un bélier à son fils, en signe de sa miséricorde et de l'acceptation de sa dévotion. En mémoire de cet événement, les musulmans qui en ont les moyens sacrifient un animal — mouton, chèvre, vache ou chameau — et en partagent la viande entre leur famille, leurs voisins et les plus pauvres.
Le calendrier hégirien est aujourd'hui utilisé par plus d'un milliard et demi de musulmans à travers le monde, mais son application pratique varie sensiblement selon les contextes géographiques et institutionnels.
L'une des réalités les plus visibles du calendrier islamique dans le monde contemporain est la variabilité des dates d'un pays à l'autre. L'Arabie Saoudite, qui abrite les deux sites les plus sacrés de l'Islam — La Mecque et Médine — joue un rôle prééminent dans la détermination des dates islamiques officielles. Mais ses annonces ne font pas toujours consensus dans le monde musulman.

Certains pays comme la Turquie utilisent le calcul astronomique pour prévoir les dates avec précision et éviter les différends. D'autres comme le Maroc s'appuient sur l'observation du croissant lunaire. D'autres encore attendent l'annonce saoudienne avant de se positionner. Comme l'explique le Centre Islamique de France dans son article sur le calendrier islamique et l'observation de la lune, cette diversité d'approches reflète des divergences juridiques réelles entre les savants islamiques sur la question de l'universalité ou de la localité de l'observation lunaire.
Pour les musulmans vivant en Occident — en France, en Belgique, au Canada ou ailleurs — le calendrier hégirien s'imbrique dans une réalité sociale dominée par le calendrier grégorien. Cela implique des défis pratiques : obtenir un congé pour l'Aïd, adapter son jeûne du Ramadan à des horaires professionnels, ou gérer le fait que les dates des fêtes islamiques changent chaque année par rapport au calendrier civil.
Des organisations islamiques comme le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) s'efforcent d'harmoniser les annonces de début du Ramadan et des fêtes islamiques en France, en tenant compte à la fois des exigences religieuses et des réalités pratiques des musulmans français.
Au-delà de ses aspects techniques et pratiques, le calendrier hégirien incarne une philosophie du temps profondément enracinée dans la vision islamique de l'existence.
L'Islam enseigne que le temps n'est pas une ressource humaine à exploiter — il est une création d'Allah qui Le glorifie. Le Coran débute plusieurs sourates par des serments divins prononcés sur le temps : "Par le temps !" (sourate Al-Asr, verset 1). Cette façon de jurer par le temps lui confère une sacralité particulière et rappelle au croyant que chaque instant est précieux et sera comptabilisé.
Contrairement au calendrier grégorien, qui structure l'année autour du cycle des saisons et des fêtes historiques ou religieuses chrétiennes, le calendrier hégirien structure l'année autour d'un principe unique : l'adoration d'Allah. Chaque mois sacré, chaque fête, chaque nuit bénie sont des invitations à intensifier le lien entre le croyant et son Créateur. Le temps islamique n'est pas seulement un cadre de vie — c'est un chemin vers Allah.
L'année 2025 du calendrier grégorien correspond approximativement à l'an 1446-1447 du calendrier hégirien. La nouvelle année hégirien débute avec le mois de Mouharram, dont la date varie chaque année dans le calendrier grégorien en raison du décalage de 11 jours entre les deux systèmes.
Parce que le calendrier islamique est un calendrier lunaire de 354 ou 355 jours, soit environ 11 jours de moins qu'une année grégorienne. Le Ramadan avance donc d'environ 11 jours chaque année par rapport au calendrier grégorien, faisant le tour complet de toutes les saisons en l'espace d'environ 33 ans.
Le premier mois du calendrier islamique est Mouharram, l'un des quatre mois sacrés. La nouvelle année islamique commence avec le premier croissant de lune marquant le début de Mouharram.
Cette différence s'explique par la question de l'observation du croissant lunaire. Certains pays s'appuient sur l'observation directe, qui peut varier selon les conditions météorologiques et la position géographique du pays. D'autres utilisent le calcul astronomique. Ces deux approches peuvent conduire à des décalages d'un ou deux jours dans l'annonce des fêtes islamiques.
Le calendrier hégirien standard est lunaire — il se base sur le cycle de la Lune. Certains pays à majorité musulmane, comme l'Iran et l'Afghanistan, utilisent un calendrier hégirien solaire (shamsi) qui maintient l'année 622 comme point de départ mais se base sur le cycle solaire, ce qui le rapproche du calendrier grégorien en termes de durée annuelle. Ces deux systèmes ne doivent pas être confondus.
Les mois arabes préislamiques portaient des noms qui reflétaient les saisons et les conditions climatiques de la péninsule arabique. L'Islam a conservé ces mêmes noms, mais leur a donné une nouvelle dimension spirituelle en instituant des mois sacrés et des obligations rituelles associées à certains d'entre eux.
Oui. L'Arabie Saoudite utilise officiellement le calendrier hégirien pour tous ses actes d'État, bien qu'elle emploie également le calendrier grégorien pour les transactions commerciales et internationales. D'autres pays comme l'Iran, l'Afghanistan et certains pays du Golfe ont également des usages officiels du calendrier islamique dans leur droit et leur administration.
Le calendrier hégirien est bien plus qu'un système de datation. C'est une architecture du temps bâtie sur la foi, la mémoire et l'espérance. Ses douze mois lunaires, ses mois sacrés, ses nuits bénies et ses grandes fêtes forment un cycle annuel qui invite le croyant, année après année, à renouveler son engagement envers Allah et à saisir chaque opportunité de rapprochement spirituel.
Comprendre ce calendrier, c'est comprendre une civilisation entière — ses valeurs, son rapport au divin, sa façon de vivre le quotidien comme un acte d'adoration. Pour le musulman du XXIe siècle, naviguer entre le calendrier hégirien et le calendrier grégorien n'est pas une contrainte — c'est le signe d'une double appartenance : à la communauté des croyants à travers les siècles, et à la société contemporaine dans laquelle il vit et contribue.

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