Le khimar séduit de plus en plus de femmes, et pour une raison simple : il remplace à lui seul le voile et la couverture du buste, sans nouage ni épingle. Encore faut-il choisir le bon modèle, car un khimar mal adapté devient vite encombrant. Voici les trois critères qui font toute la différence.
Avant de parler de longueur ou de matière, il est utile de clarifier le terme, car la confusion règne. Le khimar désigne une pièce enfilée par la tête, qui couvre les cheveux, le cou, les épaules et retombe sur la poitrine en un seul mouvement. Sa particularité est structurelle : il est déjà formé, contrairement au hijab classique qui exige un drapé.

Cette forme n'a rien de récent. Les travaux consacrés au vocabulaire vestimentaire coranique, notamment l'analyse du voile islamique au crible des textes, rappellent que le khimar y désignait un vêtement plus léger, porté chez soi ou sous une pièce plus enveloppante pour sortir, et que le verset 31 de la sourate An-Nour invite les croyantes à en rabattre les pans sur leur poitrine.
Ce détail éclaire tout le reste. Les commentaires classiques rapportés dans les études sur l'islam et les femmes précisent que les femmes portaient alors leur khimar avec les pans rejetés derrière la nuque, laissant la gorge et le haut du buste découverts, ce qui explique la formulation de l'injonction. Le khimar contemporain résout structurellement cette question : sa coupe couvre naturellement la poitrine, sans ajustement.
Le hijab, dans l'usage courant, désigne le foulard drapé, qui demande une technique de nouage et souvent des épingles. Le jilbab constitue un ensemble complet, couvrant l'ensemble du corps pour la sortie. Le khimar se situe entre les deux : plus couvrant qu'un foulard, moins englobant qu'un jilbab, il se porte avec une jupe longue, une robe ample ou un pantalon large.
C'est le paramètre qui détermine l'usage. Un khimar trop court ne remplit pas sa fonction de couverture du buste ; un khimar trop long gêne les mouvements et devient impraticable dans la vie active.
Quelques repères permettent de s'orienter :
Le format intermédiaire, tombant à la taille ou aux hanches, convient à la grande majorité des situations. Les modèles longs comme le khimar long « Noir Sable Nuit » ou le khimar long « Beige Sable » répondent en revanche à une recherche de couverture plus complète, particulièrement appréciée pour les sorties et les moments de recueillement.
Un conseil pratique s'impose ici : mesurez avant d'acheter. Prenez un mètre ruban, partez du sommet du crâne et descendez jusqu'à l'endroit où vous souhaitez que le tissu s'arrête. Ce chiffre unique vous évitera bien des déceptions, car les longueurs annoncées varient sensiblement d'un fabricant à l'autre.
Deuxième critère, propre au khimar, et souvent mal compris. Le nombre de voiles désigne le nombre de couches de tissu superposées dans la construction du vêtement.
Le modèle à un voile est le plus simple et le plus léger. Il convient parfaitement à un usage domestique, à la prière et aux journées chaudes. Sa légèreté est son atout, sa relative transparence sa limite.

Le modèle à deux voiles ajoute une couche, généralement au niveau du devant. Il gagne en opacité et en tenue, tout en restant confortable. C'est le compromis le plus courant pour un usage quotidien.
Le modèle à trois voiles superpose trois épaisseurs, créant un drapé étagé au rendu très gracieux. Un khimar 3 voiles gris perle ou un khimar 3 voiles vert sauge offrent à la fois une opacité rassurante et un mouvement particulièrement élégant. En contrepartie, ces modèles tiennent plus chaud et pèsent légèrement davantage, ce qui les rend moins adaptés aux journées estivales.
Troisième critère, et sans doute le plus déterminant pour le confort. Le crêpe, notamment le jazz crêpe très répandu, offre un tombé fluide, une bonne opacité et une grande facilité d'entretien. La mousseline apporte une légèreté aérienne et un drapé plus vaporeux, au prix d'une transparence supérieure. Le jersey, plus rare sur ce type de pièce, apporte de la douceur mais alourdit l'ensemble.
Avant tout achat, procédez à ces vérifications simples :
Ce dernier point mérite d'être souligné. Un khimar se porte plusieurs heures d'affilée, souvent par-dessus une tenue déjà complète. Un modèle trop lourd pèse sur les épaules et devient inconfortable en fin de journée, exactement comme un sac mal réparti.
C'est le point sur lequel les déceptions sont les plus fréquentes, notamment avec les teintes claires. Un tissu qui paraît parfaitement opaque sous un éclairage intérieur peut devenir translucide en plein soleil ou devant une source lumineuse.
La règle est simple : testez toujours votre khimar à la lumière du jour, devant une fenêtre, avant de le porter en sortie. Si le tissu laisse deviner la couleur des cheveux ou du vêtement porté en dessous, deux solutions existent. La première consiste à porter un bonnet assorti à la teinte du khimar. La seconde consiste à opter pour un modèle à plusieurs voiles, dont la superposition règle mécaniquement le problème.
Les teintes moyennes et foncées posent nettement moins de difficultés. Un khimar « Bleu Marine » ou un khimar long « Émeraude » offrent une opacité naturelle qui dispense de toute précaution particulière.
Contrairement au hijab, dont on possède souvent une dizaine de modèles, le khimar se prête à une collection restreinte. Quatre à six pièces suffisent largement à couvrir l'ensemble des besoins, à condition d'être choisies avec méthode :
Cette organisation évite l'écueil classique de l'accumulation. Le khimar étant une pièce structurée, sa forme varie peu d'un modèle à l'autre : c'est donc la couleur et la matière qui font la différence, non le nombre.
Quelques points méritent attention pour un port réellement confortable. L'ouverture du visage doit être positionnée avec soin : trop avancée, elle réduit le champ de vision latéral ; trop reculée, elle laisse apparaître les cheveux au niveau du front. Un bonnet fin en dessous stabilise l'ensemble et règle définitivement cette question.

La tenue portée en dessous compte également. Le khimar tombe mieux sur une base fluide que sur un vêtement volumineux, dont les reliefs se devinent à travers le tissu. Une robe droite, une abaya ou un ensemble ample constituent les meilleures associations. Notre article sur la manière d'adapter son hijab à son quotidien développe plus largement cette logique d'adaptation aux situations réelles.
Pour les mois chauds, privilégiez les modèles à un seul voile en matière très légère, dans des teintes claires. Nos conseils pour passer un été au frais sous le voile s'appliquent intégralement au khimar, dont la surface de tissu importante rend la respirabilité encore plus déterminante.
Un khimar tire toute son élégance de son tombé. Or ce tombé se dégrade rapidement si l'entretien est négligé. Lavez de préférence à trente degrés, dans un filet de protection, avec une lessive douce. Bannissez le sèche-linge, qui rétracte les fibres et détruit la fluidité des matières fines.

Le séchage se fait sur cintre, à l'abri du soleil direct, ce qui limite considérablement le repassage. Pour les modèles plissés, ne repassez jamais à plat : la vapeur verticale d'un défroisseur suffit à détendre les fibres sans écraser le relief, qui constitue précisément l'intérêt du modèle.
Il y a une forme de sagesse dans ce vêtement. Là où le hijab demande des minutes de nouage, des épingles et des réajustements, le khimar s'enfile en un geste et tient toute la journée. Cette simplicité n'est pas un moindre effort : c'est une intelligence pratique héritée de siècles d'usage.

Le Prophète Mohamed ﷺ a enseigné que la religion est facilité et qu'il convient de ne pas s'imposer une rigueur qui épuise. Choisir un vêtement qui simplifie le quotidien tout en respectant pleinement les exigences de pudeur relève exactement de cet équilibre. Le meilleur khimar est celui que vous oublierez de porter, parce qu'il ne vous demandera rien de plus que de l'enfiler le matin.
Le hijab est un foulard drapé nécessitant un nouage. Le khimar est une pièce déjà formée, enfilée par la tête, qui couvre d'emblée les épaules et la poitrine.
Une longueur tombant à la taille ou aux hanches. Ce format offre une bonne couverture sans gêner les mouvements.
Deux voiles pour le quotidien, un seul pour l'été et la maison, trois pour les sorties et les occasions plus soignées.
Cela dépend de la matière et de la teinte. Testez toujours à la lumière du jour et complétez par un bonnet assorti si nécessaire.
Oui, à condition que le pantalon soit ample et que le khimar descende suffisamment bas, idéalement jusqu'aux hanches ou aux genoux.
Quatre à six pièces suffisent. La forme variant peu, ce sont les couleurs et les matières qui apportent la diversité utile.
Lavage doux en filet, séchage sur cintre à l'abri du soleil, puis défroisseur vapeur en position verticale. Ne repassez jamais les plis à plat.

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